Les souterrains de Delain, jeu de rôle gratuit en ligne : le forum Forum Index
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Venael de Falis
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Mélisande
Dieu du forum


Joined: 20 Dec 2003
Posts: 2000

PostPosted: 14 May 2006 08:42    Post subject:
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Athalante observait le comportement de Carole. L'hésitation palpable de l'elfette indiquait un trouble qu'elle s'efforçait pourtant de cacher. Ainsi, même une épouse fidèle et dévouée pouvait hésiter, voire regretter son choix ?

Le Chevalier de Justice en était encore plus troublé. Aux questions de Carole, elle répondit avec un rien de brutalité dans la voix, peut-être pour la choquer :

"- Je suis amoureuse d'un assassin, Dame Carole, un meurtrier. Et je l'aime tel qu'il est, je ne souhaite pas qu'il change.
Mais jusqu'à présent, il s'était abstenu d'exercer son... "activité"... en ma présence. Cela semblait donc lointain pour moi.
Récemment, il a assassiné quatre aventuriers devant moi. Ils n'avaient rien fait, leur seul tort était d'être là. Je pensais pourtant pouvoir rester stoïque devant la mort des autres, après mon séjour chez les Ménestrels. Pourtant, il m'en fut rien. Je n'ai pas pu m'empêcher d'être révoltée par cette attaque, je suis intervenue pour soigner les victimes, sans que cela change quoi que ce soit à leur destin, d'ailleurs.
.."

Athalante poussa un long soupir. Ses yeux étaient maintenant braqués sur le sol. Elle remuait la poussière du bout du pied droit, de façon machinale.

"- Si je veux être auprès de lui, il me faut le laisser donner la mort sans réagir. Il continuera à le faire. Mais laisser faire ce genre de choses est contre ma nature. Il me faut donc changer, sans compter que je perdrai tôt ou tard mes amis, et que je ne serais plus digne de porter le blason des Chevaliers de Justice."

La jeune femme releva des yeux humides, vers l'elfette :

"- J'ai si peur de regretter mon choix ! Vous m'avez dit avoir choisi le vôtre, celui de suivre Claymore. N'avez-vous jamais regretté ?
Si je suis Korgrim, ne regretterai-je pas un jour tout ce que cela me coûtera ?
Mais je me sens si mal sans lui...

Est-ce toujours comme cela ? Pourquoi est-ce la femme qui doit suivre l'homme
?"

Dans le ton de sa voix se sentait tout son désarroi.
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Carole
Client régulier


Joined: 25 Feb 2005
Posts: 87

PostPosted: 14 May 2006 19:45    Post subject:
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Un assassin dites-vous ?

*Elle fit une grimace. Non de dégoût mais plus de réflexion*

Ok, écoutez ! C’est un assassin dites-vous. Certes. Cela dit, vous le savez depuis le début. Et cela ne vous a pas empêchée de tomber amoureuse de lui. Comme lui vous a aimée malgré que vous soyez son contraire. Pourquoi vouloir reprocher à l’autre, ce que vous saviez tous deux depuis le premier jour ?

Lorsque j’ai rencontré Clay, j’ai su ce qui m’attendait. Il est nain et par cela, il faut admettre qu’il est bourru. Il peut être tendre pour certaines choses mais en général, c’est un nain empli de fierté, d’amour propre et bourru comme pas deux. Si je ne voulais de cela, il aurait fallu que je choisisse un compagnon d’une autre race. De même que, lorsque je l’ai croisé, il était Capitaine des RBs. Moi, Pilier de l’escorte. J’étais qqs peu fatiguée de tant de poids sur mes épaules et j’ai profité de sa demande pour me délester d’un rien de poids. Malheureusement, le temps a fait que je n’arrivais plus à m’éloigner de lui. Mais lui, n’a pas su se libérer plus tôt… Le jour où il m’a proposé de rejoindre l’escorte à mes côtés, il était trop tard.


*Ses yeux devinrent humides*

Le fait qu’il soit Capitaine, m’a fait comprendre qu’il ne lâcherait pas ses hommes si facilement. Tandis que moi, je n’étais pas seule au rang de Pilier. J’étais remplaçable. Biensûr, il quitta sa Guilde et un autre événement l’empêcha de me ramener auprès de ma Guilde mais, de toute façon, il était trop tard.

Tout cela Athalante, je l’ai su au premier regard ! Je l’ai pourtant suivi… Alors pourquoi lui demanderais-je de changer ou tout simplement des comptes ? Pourquoi lui en voudrais-je pour ce qui était écrit dans mon avenir ?

Korgrim était un assassin. C’est un assassin et il restera assassin. C’est ce qu’il est ! Vous ne devez pas devenir comme lui car vous avez aussi votre propre personnalité. Vous ne devez lui demander d’être un autre puisque vous l’aimez. Vous devez juste vivre avec ses défauts… Qui sont pour lui, des qualités. Qui font de lui ce qu’il est.

Je sais, qu’il est facile de dire cela. Que les mots se couchent si facilement sur du papier. Que les actes sont autres…

Regretter votre choix Athalante, vous le regretterez. Quel que soit votre choix ! On dit tjrs qu’on ne regrette rien. Cela est faux ! On regrette tjrs… On croit tjrs que la vie aurait été différente si… Mais on a choisi son chemin et si on l’a choisi, c’est qu’on avait nos raisons.

Si vous avez peur pour vos amis, n’oubliez jamais une chose, s’ils vous aiment, ils vous accepteront malgré vos choix…


*Son regard se porta sur sa besace. Le blason de l’escorte y était enfermé*

Biensûr, vous en perdrez !!! Trop, bcp trop…

*Le ton de sa voix avait tremblé tout le long de son discours comme ci elle s’efforçait de croire ses propres paroles. En réalité, elle était emprise de doutes…*
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Mélisande
Dieu du forum


Joined: 20 Dec 2003
Posts: 2000

PostPosted: 16 May 2006 19:10    Post subject:
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"- Pourquoi êtes-vous si peu sûre de vous, lorsque vous dites cela ? Ce n'est pas si simple, n'est-ce pas. Vous avez choisi de suivre Claymore, mais vous ne pensiez pas que ce serait si difficile ?"

Athalante s'arrêta un instant, soupira, puis reprit, un ton plus bas :

"- Pour l'amour de Korgrim, j'ai déjà perdu mon meilleur ami. Je le suivrais sans hésiter... Mais si, un jour, j'en viens à tant regretter ce choix que je lui en veuille pour ça ?
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Carole
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Joined: 25 Feb 2005
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PostPosted: 16 May 2006 21:20    Post subject:
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*d’une voix extrêmement basse*

Je ne regrette pas de l’avoir choisi Athalante, je regrette la manière dont je l’ai fait. Aimer un homme est ce qu’il y a de plus beau au monde avec la joie de porter un enfant. Il faut juste ne pas s’oublier. Ne pas s’y perdre.

Pourquoi pensez-vous qu’un jour vous allez regretter votre choix ? Et même si un jour votre histoire se finit, ce ne sont pas les regrets qui vous assaillerons mais le souvenir d’un bonheur passé.

Athalante, il y a une chose que je ne comprends pas. Elle fut p-ê à l’origine de mon présent mais pourquoi penser déjà aujourd’hui au passé ? Pq ne pas vivre d’abords votre présent ?


*Elle s’arrêta*

Vous piquez mon cœur à vif !… Le savez-vous ?
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Mélisande
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Joined: 20 Dec 2003
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PostPosted: 17 May 2006 08:12    Post subject:
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Athalante, qui était jusque là abattue, se redressa soudain à la dernière phrase de Carole.

"- Je ne pense pas au passé, j'essaie, peut-être pour la première fois depuis que j'ai quitté le temple de mon enfance, de prévoir mon avenir, au lieu de vivre les évènements au jour le jour. Il est vrai que cela me perturbe beaucoup, j'avoue.

Et vous ? Pourquoi dites-vous que je pique votre coeur à vif ? Est-ce que ma situation vous rappelle la vôtre
?"
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Carole
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Joined: 25 Feb 2005
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PostPosted: 17 May 2006 11:20    Post subject:
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*Carole rougit à profusion*

Je ne sais ce que vous avez tous en ce moment à vouloir absolument que j’avoue mes faiblesses. Liselle s’y est aventuré, Amaï a gagné et maintenant vous dont l’histoire, en effet, me rappelle ma propre vie. Bien sûr, elles diffèrent. Rien que par le fait que Claymore n’est point un assassin. Mais le fond reste le même…

*Elle baissa son regard*

Quelque soit votre choix, vous le regretterez. Que ce soit par la manière dont vous l’avez fait comme moi ou par le choix même.
Si j’ai bien compris, votre choix a déjà été fait dans un premier temps. Vous avez déjà bravé l’impossible pour être à ses côtés. Pourquoi ne pas continuer sur votre lancée ? Est-ce la peur qui vous assaille ? Ou bien estimez-vous que vous avez déjà assez fait de sacrifices et que lui aussi pourrait en faire ?

Pardonnez-moi, je mélange nos deux histoires. Mais dans un sens, je ne pense pas être loin de la réalité.

Connaissez-vous bien les hommes Dame Athalante ? Connaissez-vous leur fierté, leur orgueil, l’opinion qu’ils ont d’eux-mêmes ? A votre avis, pourquoi est-ce nous qui devons fléchir ? Pourquoi est-ce à nous de suivre l’homme que l’on aime ? Pourquoi est-ce à nous d’avoir cette boule à l’estomac le jour où l’on quitte tout pour eux ?
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Mélisande
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PostPosted: 18 May 2006 07:46    Post subject:
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"- Vous avez raison, Carole. J'ai peur, j'ai terriblement peur..."

Athalante soupira profondément. Puis elle regarda Carole dans les yeux :

"- J'ai peur de regretter tellement les miens que j'en voudrais à Korgrim, et que je deviendrais amère envers lui alors que ce choix ne dépend que de moi, dans le fond, et non de lui."

Son regard se fit plus précis, plus dur :

"- Oui, je connais les hommes et leur sens de l'honneur, des responsabilités. Je sais que pour eux, l'amour passe après les responsabilités. Pour eux, une femme ne peut pas diriger et être amoureuse. Elle est obligée de faire un choix car l'amour la rend faible. Au contraire, ils pensent qu'un homme peut sans problème être amoureux et diriger, car l'amour les rend forts."

Athalante eut un petit rire amer.

"- Savez-vous pourquoi, selon eux, l'amour et une force pour les hommes et une faiblesse pour les femmes ? Pour les hommes, une femme amoureuse doit suivre celui qu'elle aime, un homme amoureux, non."

On sentait vibrer l'injustice de cette situation dans le ton de voix de la jeune femme.
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Carole
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Joined: 25 Feb 2005
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PostPosted: 18 May 2006 17:26    Post subject:
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Je pense Athalante, que vous vous trompez sur toute la ligne.
Vous savez pourquoi est-ce à nous de suivre l’homme que l’on aime ?
Parce que nous sommes bien plus forte qu’eux. Parce que nous sommes Maître de nos vies. Nous savons faire des sacrifices pour suivre notre instinct. Parce que nous avons la force de suivre notre opinion.

Claymore m’aime. Je le sais ! Et pourtant, jusqu’ici, il a tjrs trouvé une excuse pour ne pas se séparer de ses compagnons. Pourquoi à votre avis ? Non par orgueil mais certainement par peur de se séparer de ces personnes qui sont de sa famille. Moi, j’en ai eu la force !
Ce qui ce passa après fût ma faute… Je me suis abandonnée !
Voilà l’erreur que vous ne devez faire ! Vous abandonnez.

Suivre l’homme que l’on aime est une chose. Oublier jusqu’à sa propre existence en est une autre. Oublier ses rêves. Oublier, ce qui nous tient en vie…


*Son regard était à nouveau devenu vide…*

Aimez Athalante ! C’est l’essence même de notre vie. Mais aimez-vous aussi… Laissez-le vous aimer !

Ne faites pas comme moi ! Affrontez votre vie plutôt que de la fuir… Affrontez Korgrim…

Vous a-t-il contacté depuis votre départ ?
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Mélisande
Dieu du forum


Joined: 20 Dec 2003
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PostPosted: 19 May 2006 15:39    Post subject:
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Athalante fut surprise par la virulence de la réponse de Carole.

Enfin, elle toucha brièvement le pendentif qu'elle portait depuis la veille, et dit à voix basse :

"- Oui, il m'a écrit... Il... Il considère que je ne l'aime plus.

- Vous l'aimez n'est ce pas ? Ou vous ne seriez pas là à errer. Alors dites-lui bon sang ! Est-ce si compliqué ?
Qu'est ce qui vous empêche de lui sauter au cou
?"


Athalante ouvrit la bouche pour répondre à la question de Carole. Puis la referma, tritura ses mains, et finit par dire :

"- Je ne sais pas... Ce n'est pas si simple..."

Athalante rougissait. Comment s'avouer qu'il y avait une question de fierté, là-dedans ? Elle ne voulait pas le reconnaitre, mais céder sur toute la ligne lui paraissait au-dela de ses forces.

Elles discutèrent encore un peu. Carole essayait de convaincre Athalante de retourner auprès de Korgrim. Athalante s'obstinait à penser que ce n'était pas une bonne idée. Puis ses obligations appelèrent l'elfette qui salua Athalante et rejoignit les Giléads.

Athalante regarda Carole s'éloigner. L'humaine aux yeux noirs si troublés, en ce moment, se demandait comment l'elfette avait fait pour lui soutirer autant de confidences en si peu de temps, alors qu'elles se connaissaient à peine, dans le fond. Perplexe, la guerrière se demandait pourquoi Carole semblait se préoccuper autant des autres. Etait-ce pour mieux se cacher son propre désarroi, face à son existence ? Elle avait évoqué le fait que les regrets la tenaillaient, et pourtant, qu'elle ne regrettait pas son choix...
Se remémorant leur conversation, Athalante était encore plus troublée. Il y avait tant de contradictions !

Alors qu'elle en était là de ses pensées, un humain se présenta devant la jeune femme. Du moins, ce qui semblait être un ancien humain. Amaï Ethen la regardait, une lueur narquoise dans le regard.
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Mélisande
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PostPosted: 01 Jun 2006 15:49    Post subject:
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La troupe hétéroclite de Gileads et de leurs alliés était arrivée au -5 depuis peu, s'égayant à tuer les démons mineurs et autres élémentaires plus que brûlants.

Or depuis quelque jours, Amaï avait remarqué la présence d'une nouvelle personne, qu'il avait déjà vu quelque part. Sa curiosité à bout, il se décida à aller la voir... juste comme ça...

- Bonjour à vous, Dame Athalante... vous semblez bien seule au milieu de tous ces gens... Me permettriez-vous de vous tenir compagnie quelque instant ?


Athalante leva les yeux vers la silhouette cachée derrière divers tissus d'origine désormais impossible à déterminer. Elle n'arrivait pas à voir ses yeux, mais se rappelait fort bien de cette personne. C'était le compagnon de Nenya, Amaï. Elle s'efforça de lui faire un sourire, bien que le coeur n'y soit pas et accepta la compagnie qu’il proposait. La conversation s’engagea d’abord sur des sujets généraux. Puis très vite, Amaï évoqua les rumeurs qui couraient sur Athalante. Cette dernière tiqua un peu.

"- Ce que l'on raconte sur moi ? Que raconte-t-on sur moi ? Pouvez-vous me le confier... Amaï ?

- Pas grand-chose d'intéressant. Les gens des souterrains sont comme partout ailleurs, et aiment à embellir, ou pas, ce qu'ils n'ont entendu qu'à moitié... ce que je n'écoute même pas d'ailleurs.
Quelque part, cela motive peut-être ma curiosité... je préfère savoir les choses directement à la source.
Enfin... Je ne sais même pas ce qu'il est advenu de ce jeune fou qui refusait de me voir, et qui était il y a longtemps à vos côtés. On m'a dit que vous aviez trouvé mieux depuis... ou peut-être pas en fin de compte, à vous voir seule en cet instant...
Bref, votre solitude me semble forcée... que vous est-il donc arrivé
?"


Athalante eut un regard, fuyant :

"- Rien... Je suis partie... Il le fallait..."

Puis elle se reprit et regarda à nouveau Amaï :

"- Et vous-même, comment allez-vous ? Je vous trouve plus serein que lorsque nous nous étions vus, dans le temple de Balgur.

- Bah... on a tous nos raisons de fuir. "

Il observa en biais la jeune femme qui était à ses côtés. Elle n'avait que peu changé elle, depuis la dernière rencontre, sauf peut-être son visage... et son aura bien sûr...

- Hm... Mieux peut-être, semble-t-il. Une jeune mariée n'arrête pas de m'embêter mais je fais avec, et au temple de Balgur il s'était déroulé bien des choses pour le moins, perturbantes.
Vous êtes toujours en froid avec Liselle d'ailleurs ? Elle avait l'air aussi triste que vous de ne pouvoir améliorer les choses...


- Liselle ?"

Athalante sembla décontenancée. Puis elle prit un air gêné :

"- Vous avez raison, il faudrait que je lui écrive. Nous ne cessons d'aller de malentendus en malentendus, elle et moi. Vous l'avez côtoyée ? C'est une de vos amies, n'est-ce pas ?

- Oui je l'ai côtoyée. Mais je n'ai pas eu besoin de lui parler, d'autre l'ont fait à ma place. Et quand bien même... je n'ai pas grand-chose à lui dire qu'elle ne sache déjà au fond d'elle-même.
Tiens... aurais-je le don de vous rappeler à de douloureux souvenir ? Depuis le début vous n'avez de cesse d'avoir un regard fuyant, et une tristesse sans équivoque...
"


Athalante évita le regard d'Amaï. Elle éluda rapidement ce sujet délicat.



Récit raconté par Athalante et Amaï Ethen
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Mélisande
Dieu du forum


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PostPosted: 02 Jun 2006 08:18    Post subject:
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Amaï lui demanda soudain pourquoi elle cherchait sans arrêt à apercevoir ses yeux. Athalante fut surprise par la question directe d'Amaï. Elle n'osait l'avouer, mais l'ancien compagnon de Nenya lui faisait un peu peur. En fait, ce n'était pas tant de la peur que de la fascination. Amaï réunissait en lui un mélange complexe d'auras positive et négative, tout comme la plupart des assassins ou meurtriers qu'Athalante avait côtoyés. Ce genre de personnalités confuses l'intriguait invariablement. Athalante prit un air gêné, avant de choisir la franchise pour répondre à Amaï.

"- Vos yeux sont d'une couleur peu commune, Amaï. Ils attirent le regard et intriguent, ce qui est une réaction normale. Je me demande d'où vient leur étrange couleur, qui n'était pas, auparavant. Je me demande pourquoi cela vous donne cet air si particulier, comme si vous vouliez cacher quelque chose.

- Cacher quelque chose... hm... oui je cache mon corps et ses difformités, je cache ce que les hommes auraient tôt fait de juger démoniaque...

Huhuhu... je vous taquine et vous me répondez avec franchise. Vous êtes une femme étrange vous aussi, rares sont les personnes qui s'attardent en ma présence d'une part, et plus rares encore sont celles qui gravitent autour des âmes mauvaises... On peut dire que je suis une énigme, mais je crois que vous l'êtes tout autant à votre manière..."


Il regarda autour d'eux. Le campement avait été levé en grande partie, et les aventuriers se pressaient non loin du passage magique ouvert pour passer les flots de laves...

"- Il faudrait que je pense à les suivre, sinon Carole va encore me chercher des misères...


- Carole vous cherche des misères ?"

On aurait presque pu voir un sourire malicieux sur le visage fermé d'Athalante. Elle dit d'une voix dans laquelle se trahissait un grand respect.

"- C'est une elfe exceptionnelle, mais je ne parviens pas à comprendre pourquoi elle se soucie tant pour les autres et si peu pour elle..."

Athalante releva son regard vers Amaï. Son ton était grave.

"- On me trouve étrange, certes, et parfois on me tue ou on m'évite pour cela."

Elle se dirigea en sa compagnie vers le passage. Avant de le franchir, elle demanda brusquement.

"- Mais pourquoi dites-vous que votre corps est démoniaque, je ne comprends pas. Comment un corps peut-il être démoniaque ?

- Huhuhuhu... c'est une question intéressante. Peut-être aurez vous la malchance de comprendre un jour ou l'autre..."

Il s'approcha d'elle, tout près du portail, et pointa son doigt en sa direction.

"- Mes yeux ne sont pas le seul changement, et je contrôle encore moins le reste..."

Il la toucha du bout du doigt au milieu du front, et bondit au travers du passage, dans un petit rire moqueur.


Secouant sa torpeur, Athalante suivit lentement Amaï dans le passage.



Récit raconté par Amaï et par Athalante.
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Mélisande
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Joined: 20 Dec 2003
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PostPosted: 12 Jun 2006 08:18    Post subject:
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Le spectacle qui attendait Athalante à la sortie du passage la stupéfia. Carole, furieuse, levait son arc en invectivant Amaï, lequel semblait trouver la situation cocasse, malgré les deux flèches qui avaient déjà entaillé ses chairs. Le Chevalier de Justice ne comprenait pas le flot torrentiel de paroles de Carole. Cependant, le message général était claire : elle en voulait à Amaï, pour une obscure raison, peut-être pensait-elle qu’Amaï avait médit d’elle ? En tout cas, elle lui en voulait suffisamment pour avoir l’intention de le tuer.

En réponse à Carole, Amaï se dévêtit. Une à une, il enleva les bandelettes qui occultaient son corps à la vue de tous. Les yeux d’Athalante s’agrandirent de stupéfaction. Elle comprenait maintenant pourquoi Amaï se cachait. Tout son corps était en mutation. Il se transformait en démon : ses mains noires, sa bouche déformée en un rictus inhumain, son dos hérissé de pointes carmin… Ce n’était plus un elfe mais un démon qu’elle avait devant elle. Son premier réflexe fut la peur instinctive face à l’inconnu. Cependant, Athalante se ressaisit rapidement. Elle avait su voir qui était Ventarion au-delà de son aspect de guerrier-squelette, elle ne s’arrêterait pas non plus à l’aspect physique d’Amaï. Toutefois, les paroles de l’elfe firent ressurgir le doute dans l’esprit du Chevalier de Justice. Non seulement son corps se métamorphosait, mais aussi son esprit. Athalante ne savait plus que faire, devant ces deux personnes qu’elle ne reconnaissait plus.

S’extirpant de son ébahissement, Athalante se précipita sur Carole et la ceintura afin de l'empêcher de tirer. Mais la petite humaine avait bien du mal face à l'elfe longiligne. Carole se dégagea d’Athalante dans un mouvement souple et intima au Chevalier de Justice de ne pas se mêler de cette histoire. Ce conseil fut accompagné d’un regard qu’Athalante jugea un rien condescendant. Athalante opta alors pour une autre tactique ; elle essaya de raisonner Carole, cependant ses efforts restèrent vains. Eléria, à ses côtés, semblait aussi désarçonnée que le Paladin de Justice. Athalante essayait toujours d’empêcher Carole de tirer ses traits sur Amaï. Ce faisant, Athalante remarqua l’étrange bracelet que portait Carole au poignet. On aurait dit qu’il brillait d’une lueur verte. Ce bracelet détonnait sur le bras de Carole, il ne convenait pas à sa beauté toute elfique, selon Athalante. Et cette aura verte qui s’en dégageait…
Athalante suivit son instinct et tenta d’arracher le bracelet. Carole se moqua d’elle et de l’inutilité de son geste. Elle la traita même, en sous-entendu, de voleuse et lui suggéra de prendre plutôt le parchemin qui se trouvait dans son corsage.

La jeune femme brune obéit machinalement au conseil autoritaire de Carole. Elle plongea la main dans le décolleté de l’elfette et en sortit un parchemin. A peine l’eut-elle entrouvert qu’elle reconnut l’écriture de Korgrim et dévora la lettre rapidement.



Vivre ma petite vie... Avez vous idée de tout ce que nous avons traversé ? Avez vous idée de tout ce à quoi j'ai renoncé par amour ? Avez vous idée de la pression que je subis tous les jours ? Avez vous idée du déchirement de la voir repartir vers un dispensaire à chaque fois que nous croisions un groupe jaloux ou non ? Même si je ne connais que trop bien le pouvoir qui anime ces souterrains, c'est toujours délicat. Depuis que nous sommes ensemble, elle n'a pas arrêté de succomber et de mourir par ma présence, par ma faute.

A présent, loin de moi, au milieu de vous tous qui êtes ici pour une cause que vous croyez noble, elle n'a plus à souffrir de ma présence et des dangers qui vont avec. Croyez vous sincèrement que les regards et les attitudes ne seront pas hostiles dès que je serais proche d'elle au milieu justement de votre époux par exemple. Oui elle est en sécurité, vous le dites vous même. Les siens ne m'accueillent pas avec plaisir, ils l'ont assez montrés alors même que je forçais mes amis à protéger Délia et que nous avons permis à l'avatar de Falis de survivre. Ils ne s'arrêtent qu'à mon blason, croyant que nous vivons pour le sang et par le sang alors qu'il n'en est rien. Vous me dites ignorants mais avez pensé à tout ceci, au terrible poids des responsabilités qui nous incombe à tous ? Notre vision des souterrains est tellement différente...

Je ne la regarde pas fuir le sourire aux lèvres, je la regarde fuir, le ventre déchiré et le coeur brisé car je l'aime, oui je l'aime toujours, comme jamais je n'ai aimé aucune autre femme et comme jamais je n'aimerais quelqu'un d'autre mais si pour éviter qu'elle souffre je dois m'effacer, j'accepterais ce fardeau supplémentaire sur mes épaules. Je ne suis après tout que le conseiller d'une guilde qui se meurt et qui n'est absolument pas comprise ici bas.

Korgrim



Récit raconté par Athalante et par Korgrim.
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Mélisande
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Joined: 20 Dec 2003
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PostPosted: 14 Jun 2006 10:04    Post subject:
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Après cette lecture, Athalante baissa lentement les bras, tenant toujours la lettre à deux mains. Les pensées tournoyaient dans son esprit, ajoutant à son trouble. Ce que disait Korgrim ne la surprenait pas. Il le lui avait déjà confié dans les nombreuses missives qu’ils s’étaient écrites. Mais pourquoi Carole avait-elle écrit à Korgrim ? Pourquoi lui avait-elle révélé où se trouvait Athalante ? Pourquoi demandait-elle à Korgrim de venir la chercher ? Etait-elle si encombrante ? Sa présence pourtant très discrète dans la grande troupe qui entourait Carole était-elle si gênante ?

Athalante se sentit rejetée et trahie par Carole. Elle recula d’un pas, lâchant Carole. Un cri appelant le Chevalier de Justice la fit se retourner. Bardamu venait de sortir d’un passage et la hélait, avec sa bonhommie coutumière. Il sauta sur l’humaine et lui donna une franche et amicale accolade. Athalante se laissa faire, trop abasourdie. Il jaugea d’un œil la situation, et préféra, pour une fois, ne pas s’en mêler. Il se contenta conseiller :

« - Korgrim ne va vraiment pas bien, guerrière. Retourne vers lui ! »

Puis s’en fut rapidement sur ses véloces courtes pattes à la poursuite de ses compagnons déjà partis.

C’en était trop. Athalante éclata d’un rire sarcastique, plus pour éviter de pleurer et de craquer que pour manifester une quelconque joie qui n’existait pas. Elle adressa des paroles dures et remplies de colère à Carole, jeta un dernier regard sur Amaï et son apparence si déroutante, puis partit en courant vers le sud.

Athalante courut pendant longtemps, ne sachant que faire, trop obnubilée par les questions qui tournoyaient dans sa tête pour regarder où elle allait. Un coup violent qui déchira les entrailles lui fit soudainement redescendre les pieds sous terre, dans l’antichambre de l’enfer, là où elle courait, seule, totalement inconsciente. Un rapide tour d’horizon lui dévoila la situation sans phare : aucun aventurier à l’horizon, des torrents de lave qui l’éblouissaient et faisaient couler la sueur entre ses homoplates, et des démons, démonettes, succubes et diablotins qui la dévisageaient comme on observe un lapin bien gras alors que la faim tenaille le ventre. Le Chevalier de Justice parvint à garder son calme. Une ombre adossée à un mur de lave indiquait un lieu, à l’ouest. Elle courut vers ce havre de paix. Et s’engouffra par la porte grande ouverte. Personne ne hantait ces lieux. L’auberge était vide, délabrée, les murs de planches étaient troués par les scories que projetait parfois la lave incandescente. Athalante se retourna afin de clore ce qui pouvait malgré tout lui servir de protection, et resta les bras ballants devant l’évidence : L’auberge n’avait plus de porte. Malgré la chaleur étouffante, une onde glacée parcourut son dos des reins à la nuque. Elle leva lentement les yeux vers les monstres qui avaient bien évidemment suivi sa course et se pourléchaient d’avance les babines.

La jeune humaine se plaqua contre la paroi et attendit. Elle entendait les ricanements des diablotins et les rires provocants des démonettes qui se rapprochaient. Le pas lourd des démons répondait en écho au tintement des tridents qu’ils entrechoquaient dans des rires gras. Les jambes tremblantes, la respiration retenue, Athalante attendait que les démons se rapprochent. Quand elle calcula qu’ils devaient être sur le seuil de l’auberge, elle s’accroupit et se fit aussi petite que possible. Les démons entrèrent rapidement, ils cherchaient leur proie, humant l’air afin de sentir l’odeur de sa peur qui trahirait sa position. Rassemblant son énergie, Athalante s’enfuit à nouveau par la porte béante. Un démon, dans un réflexe et une vélocité toute à son honneur, eut le temps d’enfoncer son trident dans les flancs de la petite guerrière qui gémit sous le coup, mais n’arrêta pas sa course. Un diablotin s’élança à sa poursuite et griffa les mollets qui soulevaient la robe sous leur course folle. Athalante regarda rapidement derrière elle. Ils la poursuivaient et gagnaient du terrain.

Alors, dans un dernier effort, le sang ruisselant sur son arrière-train, elle sortit ses réceptacles et utilisa leur magie : l’un la soigna, l’autre la rendit plus véloce, ainsi que tous ceux qui l’entouraient, et le dernier ouvrit un passage à ses pieds. Le Chevalier de Justice parvint à sauter dans le passage alors que deux tridents s’enfonçaient à nouveau dans son corps. Sanguinolente, presque mourante, elle ne vit pas un dragon de foudre arriver, confier un parchemin à Keran, puis repartir. La Venaël de Falis se traina avec les dernières forces qu’il lui restait jusqu’au temple de Galthée, poussa la lourde et bienveillante porte et s’écroula inanimée sur le sol dallé.
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Mélisande
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PostPosted: 15 Jun 2006 17:08    Post subject:
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Lorsqu’elle ouvrit les yeux, une jeune femme aux longues tresses noires étaient à son chevet. Athalante reconnut avec étonnement PolHiria. Elle semblait comme absente, distraite. L’Enatak resta peu de temps, juste le temps pour Athalante de soigner ses blessures, et écrire quelques lettres. La première était pour Layos, à qui elle expliqua sa décision, et qu’elle inquiéta plus que jamais. La seconde était pour Korgrim. Puis PolHiria partit rejoindre les siens en proposant au Chevalier de Justice de la suivre. Avec effarement, Athalante la vit courir dans la direction où elle-même avait failli mourir quelques jours plus tôt. Ni une, ni deux, la guerrière s’élança à la poursuite de PolHiria. Cependant, cette bonne intention ne fut pas suffisante. Les deux femmes furent bientôt poursuivies par les démons lubriques. Ils s’attaquèrent d’abord à PolHiria, qui succomba bien vite malgré les soins que lui prodiguait le Paladin de Justice.

Athalante n’avait pas réussi à sauver PolHiria. Navrée, la jeune femme avait poursuivi sa route vers l’ouest. PolHiria lui avait indiqué l’endroit approximatif où devait se trouver Korgrim. Suite à leur correspondance, et à plusieurs discussions qui l’avaient amené à réfléchir, le Chevalier de Justice avait décidé de rejoindre Korgrim afin de s’expliquer avec lui. Elle réussit à distancer les démons qui les avaient assaillis et se retrouva dans une petite salle avec un escalier descendant. Là, elle reprit son souffle, et observa la pièce, sur le qui-vive. Tous les monstres étaient regroupés au même endroit, déchiquetant deux aventuriers, Marche-Neige et Béron. Le mage mourut bientôt sous l’assaut des monstres. Béron réussit à leur échapper, entraina les monstres à sa suite en avançant lentement, puis passa en coup de vent devant Athalante en lui précisant, de façon fort grossière de ne pas toucher à la bourse de runes bien garnie qu’avait laissé Marche-Neige. Irritée par la manœuvre et les manières de Béron, Athalante domina pourtant sa colère. Sa bonne éducation prit le dessus et elle laissa au sol les précieuses runes qui auraient pourtant pu l’aider. Aidée de la magie de Keran, elle courut vers l’ouest, au-delà des monstres, espérant qu’ils ne la verraient pas, et surtout, qu’ils ne la suivraient pas. Hélas, il n’en fut rien. Les deux démons et la démonette entraînèrent les diablotins et les élémentaires dans leur sillage afin de poursuivre Athalante. Ils tuèrent sans pitié Keran, obligeant Athalante à ralentir sa course. Aussitôt, leurs griffes brandies en avant atteignirent les flancs, les hanches et les cuisses de la jeune femme. Athalante serrait les dents et continuait à courir, elle évitait surtout de se faire immobiliser par les griffes acérées. Pourtant, ses jambes blessées la faisaient souffrir, elle commença à boitiller. Les démons la rattrapaient, inexorablement. Bientôt, l’humaine laissa un chemin de pas sanglants dans son sillage. A bout de souffle, elle s’écroula. Ils étaient trop nombreux, elle allait succomber.

Serrant son pendentif d’une main, l’humaine mage sentit soudain sa douleur s’alléger. Elle leva la tête et fut stupéfaite de voir Aerielle non loin d’elle, qui la soignait avec son fauve électrique. PolHiria lui avait confié que le groupe de Main du Mal se trouvait proche du magasin runique. Soudain remplie d’espoir, Athalante se redressa, son cœur s’accéléra en apercevant la haute silhouette de Korgrim, accompagnée d’Enataks qu’Athalante reconnaissait, pour la plupart, mis à part deux elfes, quatre nains et un humain. Athalante se mit debout, suivit Aerielle et la remercia chaleureusement. Puis elle s’avança vers le groupe en traînant légèrement sa jambe gauche. Korgrim se tenait à l’écart du groupe. Athalante vint vers lui. Le couple échangea un long dialogue, puis ils s’enlacèrent. Athalante était revenue auprès de Korgrim.
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Mélisande
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PostPosted: 16 Jun 2006 12:03    Post subject:
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Athalante ne s’intégra pas vraiment au groupe déjà bien constitué. Eprouvée par sa séparation, la jeune femme ne quittait guère Korgim de plus de quelques toises, le laissant gérer les affaires de son groupe. Elle-même passait beaucoup de temps en correspondance, avec Layos, tout d’abord, son ami, et aussi avec les autres Chevaliers de Justice. Ils avaient en effet décidé de réorganiser le fonctionnement de leur guilde, cela demandait beaucoup d’échanges, de temps et de conciliation. Pourtant, Athalante ne considérait pas ce labeur comme une corvée. Le dynamisme des Chevaliers de Justice faisait plaisir à voir. Les nouvelles recrues : Tasslehoff Racle-Pieds, Borian, et Nytye Sindenis, semblaient très prometteurs. Dorago Von Valentir avait bien quelques problèmes avec les Drows. Cependant, Athalante avait confiance en son opiniâtreté pour les résoudre.


Un mois après son retour auprès de Korgrim, Athalante reçut une missive qui l’étonna fort, mais l’emplit de joie. Elle était conviée à une réunion secrète où ne seraient présentes que des femmes, uniquement des femmes : elfettes, humaines ou naines. La réunion se tiendrait quelques jours plus tard, dans un lieu secret que le Chevalier de Justice connaissait déjà. La forte dominance masculine dans les Souterrains était parfois pesante pour les rares femmes qui avaient osé y pénétrer. Aussi éprouvaient-elles le besoin de se réunir ensemble, de temps en temps, quand l’occasion le permettait, afin de parler en toute simplicité de leurs aventures et de leurs préoccupations, de leurs soucis, problèmes qui étaient bien futiles ou inintéressants pour leurs virils compagnons. Impatiente, Athalante expliqua vaguement à Korgrim qu’elle partait quelques jours voir des « amies », rassembla ses affaires et se mit en route sans tarder.


Après un voyage sans encombre, Athalante pénétra dans le lieu de rendez-vous. Les invitées étaient déjà toutes ici, l’humaine aux cheveux noirs en connaissait environ la moitié et les salua. Les conversations allaient bon train. L’ambiance était tout à fait cordiale et chaleureuse. Les jeunes femmes s’embrassaient, se tenaient familièrement par le bras. Certaines, toute à leur joie de revoir leurs amies, échangeaient de fougueux baisers, ce qui étonna quelque peu Athalante. Après réflexion, ces familiarités contribuaient à une atmosphère détendue, si éloignée des tracas du quotidien qu’elles ne pouvaient pas être néfastes. Un verre à la main, Athalante s’assit auprès de Liselle. La conversation démarra aussitôt entre les deux femmes. Elles avaient beaucoup à se dire, beaucoup de choses à justifier, à expliquer, et le firent sans façon. Athalante apprécia pleinement cet a parte. Liselle était quelqu’un qu’elle appréciait et estimait, le Chevalier de Justice fut donc heureux de pouvoir discuter ainsi, à bâtons rompus.


Soudain, le noir se fit dans la pièce, les conversations s'éteignirent. Tenant une torche, un superbe jeune homme masqué fit son apparition dans la pièce. Il sortit un poignard et avec une lenteur sensuelle, déchira sa tunique et l’ôta. Chaque invitée put ainsi admirer avec délectation les muscles bien développés, qui roulaient sous la peau huilée de l’homme. Quelques cicatrices ajoutaient une touche de mystère à ce torse et à ces épaules dont on ne pouvait deviner l’appartenance. Athalante n’était pas stupéfaite. Ce n’était pas la première fois qu’un homme était invité à leur dîner pour un « spectacle ». Pourtant, le fait que celui-ci ait masqué son visage, ne laissant voir que son regard d’un vert pétillant, augmentait l’attrait qu’il pouvait exercer sur les femmes qui admiraient le spectacle. Bien qu’elle le cachât, Athalante ne perdait pas une miette du spectacle. Pourtant, les actions du jeune homme la firent bientôt rougir jusqu’aux oreilles. Il enlaça l’une des invités de son bras musclé, une autre invitée se mit à caresser sans vergogne le ventre bien plat. Une autre encore, parcourut de sa langue le nombril masculin. Contrairement aux autres spectacles, où il fallait juste « regarder », le jeune homme souhaitait manifestement un contact beaucoup plus physique. Athalante se sentit aussitôt très mal à l’aise. L’homme masqué l’intriguait énormément. Mais si elle appréciait de pouvoir admirer sa musculature alléchante, elle ne souhaitait pour rien au monde la caresser. Cela aurait été une trahison vis-à-vis de Korgrim. Gênée, embarrassée, Athalante se recroquevilla sur son siège en espérant se faire toute petite, afin que le jeune homme ne la repère pas, ni ne veuille exercer ses talents, certes incontestables, sur sa personne. Liselle eut moins de chance qu’elle. Elle dut faire appel à toute la maîtrise dont elle était capable pour ne pas exploser sous les caresses osées de l’inconnu, qu'elle eut toutes les peines du monde à chasser sans user de son arme...


Finalement, la soirée tourna court, à la grande déception d’Athalante. La guerrière rentra bien vite au campement des Enataks, et ne dit aucun mot sur sa « réunion », et surtout pas à Korgrim. Toutefois, elle ne put s’empêcher de dévisager longuement les humains masculins aux yeux verts qu’elle croisait, cherchant sur leur torse ou leurs épaules les cicatrices de l’homme masqué. L’identité cachée du strip-teaser continua longtemps de l’intriguer au plus haut point.
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