 |
|
| Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant |
| Auteur |
Message |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
Athalante courait.
Elle se remémorait les deux derniers mois.
Alors qu’elle contemplait, déprimée, le groupe de jeunes Chevaliers et Ecuyers de Justice décimé sans raison par la folie Nihiliste, Korgrim avait répondu à son appel, il était venu la chercher. Les deux amants et leurs compagnons avaient alors trouvé refuge dans les égouts. La jeune femme avait trouvé l’endroit calme, trop calme… il sentait la mort. Elle avait toutefois pris le temps de discuter longuement avec Duaner, des Krän, et avait sympathisé avec le bel homme brun. Puis, c’est un personnage étrange qui était venu l’agresser verbalement : Galinn le Tanneur. Sans l’intervention d’Aerielle, le contrebandier aurait même sûrement attaqué Athalante, tant la présence de la jeune femme en ce lieu semblait incongru au nain.
Les remarques acerbes du nain avaient glissé sans prise sur Athalante. Tout ce qui comptait pour elle était d’être à nouveau dans les bras de Korgrim.
Quelle ne fut pas sa déconvenue en se rendant compte qu’elle s’était trompée d’escaliers pour sortir des égouts, et qu’elle se retrouvait seule au Pays des Pas Perdus, alors qu’Aerielle, Kharon, Mythrion, Schyron, Mortaron et Korgrim étaient dans les Extérieurs !
L’humaine véloce avait couru à en perdre haleine, aidée par les sorts diligents de Sabin et de Dawnie. Elle aperçut bientôt la haute silhouette menaçante de Korgrim, près de la préfecture. Cependant, ce n’était pas l’heure des retrouvailles. Ils avaient aussitôt été reçus par le commissaire Archibald, et de difficiles tractations avaient épuisé pendant des heures tous les protagonistes. A la fin, Athalante et Archibald avaient pu parler un peu seuls à seuls.
Enfin, ils s’étaient retrouvés dans l’antichambre de l’enfer. C’était devenu l’étage préféré d’Athalante. Le petit groupe de sept avait rejoint quelques jours le Fightclub et les Bardes d’Anastasia. Le beau Blackrider les avait régalés de quelques vers, Athalante avait passé ses matinées avec Bardamu. Au fil des discussions, elle avait développé une profonde affection pour le nain. Elle lui avait confié ses doutes et ses projets, le nain jovial l’avait conseillée, et même entraînée, durant de longues heures, afin de la préparer à affronter ce qui l’attendait.
Puis ils s’étaient à nouveau retrouvés tous les sept. Avait alors commencé pour Korgrim et Athalante une période bénie, où les combats n’étaient pas suffisamment dangereux pour leur ôter le loisir de passer du temps ensemble. Ils étaient inséparables, prenant n’importe quel prétexte pour se tenir par la main, s’embrasser ou s’isoler de leurs compagnons.
Malgré cette solitude voulue, les missives de leurs guildes respectives parvenaient jusqu’à eux, chaque jour. Leurs responsabilités les rattrapaient. Ils ne pourraient rester éternellement ensemble.
Dernière édition par Mélisande le 12 Fév 2007 15:01; édité 1 fois |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
De nombreux débats animèrent l’Ordre des Chevaliers de Justice. Les missives allaient et venaient à une cadence infernale. Athalante se mit en relation avec plusieurs autres Ordres afin de mieux faire connaître les déesses Falis et Ecatis, leur dualité et leur complémentarité. C’est au cours de ces longues discussions épistolaires que se dessina la première mission pour les prêtres de Falis, particulièrement les membres de la Croix Blanche. La Croix Blanche regroupait les fidèles de Falis qui favorisaient la clémence, le pardon et qui accompagnaient les repentis. Or il fallait d’abord trouver les repentis, avant de les accompagner.
Il fut donc décidé que des Venaels et des Cléis de Falis partiraient pour une mission un peu spéciale. Cinq volontaires se proposèrent : Nastywoks, Glorfindol, Thorkim, Orthemis et Athalante. Les quatre premiers se mirent en route sans tarder. Athalante fit trainer les choses. Elle avait pensé que Korgrim pourrait l’accompagner. Or la guerrière se rendait compte que beaucoup d’obstacles se dressaient devant ce projet. Il devenait évident qu’elle devrait se séparer de Korgrim pour accomplir ce labeur. De jour en jour, l’amante du Conseiller repoussait son départ. Elle prenait pour prétexte le combat acharné qu’ils menaient pour le différer. Plusieurs fois, les démonettes et les succubes se jetèrent sur elle, la lacérant de leurs griffes et la menant au seuil de la mort. Mais ses compagnons veillaient et la secouraient sans faillir. Leur groupe s’agrandit avec la venue de BelEruan, un elfe des Enataks de Kal Torak. Athalante n’eut pas vraiment l’occasion de faire connaissance avec le mage, mais la simplicité avec laquelle il s’intégra dans leur groupe de combat rôdé lui fit une impression favorable. BelEruan annonça l’arrivée de PolClara. Cette dernière surgit au coin d’un mur de lave, blessée, et tout bascula.
Le balrog la poursuivait. Que faisait-il là ? Les aventuriers étaient stupéfaits. Ils avaient entendu parler de ce monstre légendaire, qui faisait régner la terreur dans la Moria. Pourquoi donc était-il dans l’Antichambre ? Que cherchait-il ? Le démon d'ombre et de feu aperçut le groupe d’aventuriers, et se précipita sur eux avec délectation, faisant claquer son fouet et lançant ses boules de feu. Les familiers de Mythrion et d’Athalante moururent les premiers. Le groupe s’organisa aussitôt et prit la fuite à travers des passages. Mais PolClara n’eut pas le temps de se mettre à l’abri en les franchissant, elle mourut sous les coups de l’abominable démon.
Une fois à l’abri, Athalante prit enfin sa résolution. Elle annonça, la mort dans l’âme, qu’elle devait partir dès le lendemain.
Au petit matin, le cœur bien lourd, la frêle humaine emprunta le passage que lui avait fait son amie Aerielle, afin de faciliter son voyage. Elle se mit à courir. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
Athalante franchit l'escalier qui menait au Pays des gelées. Elle fut assourdie par le bruit qui y régnait. Il y avait foule !
Sur ses gardes, elle aperçut deux clans composés de nombreux aventuriers qui se faisaient face. La petite humaine préféra se faire discrète et courut bien vite vers l'escalier menant au Masque de mort. Avec un soupir, Athalante grimpa les degrés. Elle se retrouvait encore au masque de Mort. Le Chevalier de Justice espéra que les jours qu'elle vivrait là-bas seraient moins sombres que les deux dernières fois. Il fallait qu'elle se hâte. Elle avait reçu quelques nouvelles de Nastywoks. Cela faisait plus d'une semaine qu'il avait rejoint le groupe de criminels qu'ils avaient pour tâche de convertir. Avec Glorfindol, Thorkim et Orthemis, ils avaient commencé ce dur labeur de persuasion, et la tâche s'avérait vraiment ardue.
Athalante accéléra le pas, il ne lui restait plus qu'un jour ou deux de marche avant de rejoindre les Ménestrels de la Lune d'Argent. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Nastywoks Petit joueur

Inscrit le: 26 Oct 2004 Messages: 20
|
|
|
|
|
C'est du Pays des Gelées que Nastywoks partit à la rencontre des Ménestrels et autres Affranchis. Il quitta ses amis qu'il avait retrouvé après une longue période d'errance, contrit, mais persuadé de l'utilité de la démarche qu'il allait entreprendre. Cela valait la peine d'essayer.
Le voyage ne fut pas très long, il s'agissait juste d'être prudent pour quitter le Pays des Gelées vers le Masque de Mort. La magie de célérité était en cela un atout appréciable.
Bientôt, il fut en vue du groupe de Ménestrels. Dans ses lettres, Athalante lui avait succintement décrit l'allure du groupe, et une connaissance, une elfette du nom d'Erynmiriel, qui se trouvait fortuitement avec le groupe de Ménestrel. C'est naturellement vers elle qu'il se dirigea en premier, à pleine vitesse : parmis le troupeau de nain présents aux alentours, il n'aurait pu déterminer qui était ce Bhlown, quelque chose dans le genre (ce nom lui rappelait étrangement quelque chose, mais quoi...?).
Comme à son habitude, il eu du mal à gérer la décélération brusque, et s'ensuivit ce qui devait arriver, une chute malheureuse... enfin, surtout pour la demoiselle, puisqu'elle n'avait que sa personne pour amortir le choc. Nastywoks lui mis quelques secondes à comprendre la situation : à la dernière étourderie du genre, c'est contre un obstacle nettement moins charnu qu'il s'était effondré. C'était loin d'être désagréable... malheureusement, la jeune elfette ne semblait pas l'entendre de cette façon. Une vive douleur au cuir chevelu le rappela brusquement à la dure réalité, alors qu'Erynmiriel lui soulevait la tête de son giron par les cheveux... Mmmh, une vision malgré tout fort plaisante.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin, il se releva et aida l'elfette à en faire de même. Les présentations faites, ainsi que les excuses, elle lui désigna le chef du groupe. Voila, c'était parti...
Enfin, cela ne partit pas aussi vite que prévu... S'étant approché du nain en sentant des regards insistants fixés sur lui, il se présenta... Le nain sembla acquiescer en le regardant, mais il ne détacha pas plus son attention de son activité présente... Bref, le vent soufflait fort...
Enfin, il ne désespérais pas, il ne s'était jamais attendu à ce que la tâche soit facile. Petit à petit, le dialogue put s'instaurer, avec les Ménestrels, les Affranchis, et Erynmiriel qui finalement ne lui en voulait pas trop de sa fracassante arrivée. Certes, les conversations étaient quand même très souvent portées sur les aventures... disons... charnelles, des différents couples du groupe.
La présence d'Erynmiriel était réconfortante... trois autres Chevaliers de Justice étaient arrivés : Thorkim, Orthemis et Glorfindol. Mais ces trois derniers semblaient avoir la tête à d'autres soucis, et n'étaient pas très actifs. Bref, au milieu d'une grosse dizaine d'Affranchis, ils se sentaient un peu seuls. Et l'elfe ne savait pas trop comment entamer le sujet pour lequel il était présent.
Les jours passaient... ces Ménestrels étaient bizarre, décidément. Un moment, riants, festoyant, empêchant les gens de dormir en rond (oui, on peut dormir en rond)... et l'instant d'après, tournoyant et virevoltant dans des danses sauvages et meurtrières que Nastywoks abhorrait. Il commenca par chercher à comprendre les motivations qui les amenaient à ces chorégraphies sanglantes. Comprendre de quoi ils souhaitaient s'affranchir, et affranchir les aventuriers autour d'eux, et pourquoi ? Le but était le plus facile à comprendre, restaient le plus important : motivation, et choix des moyens.
Hélas, il fallut bientôt dire au revoir à la ravissante elfette qui, flouée par l'un des membres du groupe, ne pouvait plus plus en supporter d'avantage. Un bien triste au revoir... et Nastywoks se retrouva un petit peu plus seul au sein du groupe. L'arrivée d'Athalante lui tardait, cela faisait si longtemps qu'il ne l'avait vu...
M'enfin, les discussions continuaient avec les Affranchis, un peu frileusement toutefois. A vrai dire, tellement frileusement qu'un matin, l'elfe se réveilla malade, un ptit coup de froid pas bien grave, mais incomodant. Eternuer en décochant ses flèches n'est pas la meilleure des choses pour un archer... et la fièvre était tout de même assez incommodante, et qui allait en s'agravant à mesure des nuits passées au beau plafond d'caverne. Il fut convenu qu'il passerait quelque jours dans une batisse chauffée, en l'occurence une banque, où il pourrait se remettre sur pied avant de rattraper les autres. Au grand regret qu'ainsi il retardait d'autant ses retrouvailles avec Athalante... Enfin, ainsi fut fait, et s'engagea une courte convalescence... _________________ Chevalier de Justice, Compagnie du Phoénix
l'Ode à l'idée lia Delhi a des lys
Délices déliés à Délia alliés |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
Athalante arriva enfin en vue du campement des Ménestrels. Elle courut avec joie vers Glorfindol, revoyant le Chevalier avec plaisir. La jeune femme fut déçue que Nastywoks ne soit pas là. Puis elle se tourna vers les Ménestrels et adressa la parole à Bhlown. Et là, ils se mirent tous à parler dans tous les sens. Athalante était effarée. Elle recula un peu et rejoignit Glorfindol dans le campement des Chevaliers de Justice, qu'il avait monté légèrement à l'écart des tentes des Ménestrels. Athalante se demanda pourquoi. Puis vint le soir. Elle eut son explication. Dans le campement des Ménestrels ça forniquait partout, dans tous les coins, dans tous les sens, sans arrêt ! Impossible de fermer l'oeil de la nuit tant les soupirs et les cris d'extase ponctuaient chaque minute ! La jeune femme était presque choquée : ces femmes n'avaient donc aucune retenue ?
Le lendemain, des cernes sous les yeux, Athalante se rendit compte que Glorfindol, Thorkim et Orthémis ne se levaient pas. Ils restaient allongés près du foyer mourant. Elle les examina et constata que la fièvre les avait pris. Les Ménestrels l'aidèrent à les transporter dans un refuge. Le Chevalier de Justice dût les laisser là. Elle se retrouvait toute seule en compagnie d'inconnus dont elle ne comprenait absolument pas les moeurs. Elle se fit petite (ce n'était pas difficile !), silencieuse et les observa. Ils étaient bien différents, en fait.
Bhlown semblait être le chef de ce groupe hétéroclite. Non pas qu'il exerçait une autorité particulière, cela venait plutôt de l'enthousiasme, du charisme et de la joie de vivre qui émanaient du nain, qui chantait tout le temps. Pourtant, ce côté débonaire s'effaçait quand il décidait de faire "danser" un aventurier. Il entamait alors une danse féroce qui se soldait immanquablement par la mort de l'élève. Athalante craignait le regard sauvage de Bhlown lorsqu'il décidait de donner un cours. Les danses du nain exerçait une fascination sur toute la troupe qui entrait en transe et se mettait tous à tournoyer et virevolter autour des aventuriers qui ne devaient rien y comprendre. Affolés, ces derniers se mettaient parfois à courir, ou essayaient d'éviter les armes que les danseurs faisaient tourbillonner autour d'eux. Malheureusement, la plupart du temps, les "élèves", n'étaient pas assez adroits et succombaient bien vite.
Athalante serrait les poings devant ce spectacle. Elle avait promis de ne pas se mêler des affaires des Menestrels et pourtant, voir ces ballets sanglants la révoltait et l'écoeurait profondément. Parfois, elle rompait sa promesse et courait avertir, en cachette, ceux qu'elle connaissait afin qu'ils fuient bien loin, avant que les Ménestrels n'entrent sur la piste.
Caro-Lina était la compagne de Bhlown. C'était une naine étrange, aux cheveux verts, ivre la plupart du temps, et qui semblait plus amoureuse du tonneau de bière de Bhlown que du nain en lui-même. Elle n'était pas franchement jolie, et c'était un euphémisme. Son parler et ses préoccupations étaient très terre à terre. Et pourtant, la naine exerçait une sorte de fascination sur le Chevalier de Justice. En effet, lorsque la naine choisissait un cavalier, ses courtes jambes pataudes s'animaient soudain avec grâce. Elle accueillait avec un sourire son cavalier et lui glissait à l'oreille quelques mots, tout en le prenant dans ses bras. Athalante ne réussit pas à comprendre ce qu'elle pouvait bien leur dire. Mais les quelques pas légers avec lesquels Caro-Lina entrainait son cavalier dans une volte grâcieuse était un spectacle étonnant.
Tumeurs, quant à lui, était bien taciturne et bien sombre. Les lettres qu'ils avaient échangées quand le Ménestrel s'était engagé chez les Chevalier de Justice, l'été précédent, puis sa trahison, avaient convaincu Athalante de la fourberie de cet homme, et elle s'employa à l'éviter le plus possible.
Il y avait également un mage, Keenstone. Très ambitieux, il recherchait partout des runes, s'appliquait de toutes ses forces à devenir un magicienne émérite. Le plus intriguant, chez cette personne, était qu'Athalante était incapable de savoir si c'était un homme ou une femme. Impossible de déceler un quelconque indice sur ce visage ambivalent. Curieuse, Athalante essaya de résoudre ce mystère. En vain. Le comportement, les paroles étaient féminines, mais il y avait ce petit rien de masculin dans la démarche qui faisait jaillir un doute à chaque fois.
De toute les personnes présentes, Celinela Blanche était celle avec laquelle Athalante se sentait la moins exclue. Elle avait vaguement connu cette elfe, du temps où CélinelaBlanche faisait partie de la Confrérie de Pandore. Retrouver l'elfe sensible et douce, avec les Ménestrels étonna le Chevalier de Justice, au premier abord. Puis, elle comprit bien vite. CélinelaBlanche passait son temps aux côtés de Draloc, un humain au regard sombre et aux gestes impétueux. Ils semblaient foux amoureux, tous les deux, et on ne voyait presque jamais l'un sans l'autre.
Voir tous ces couples ne faisait que rendre l'absence de Korgrim encore plus douloureuse, pour la jeune femme. Loin de celui qu'elle aimait, ses compagnons malades, isolée au milieu un groupe qu'elle ne comprenait pas, la petite humaine se sentait bien mal et devait chercher au fond d'elle toute son obstination pour ne pas s'en aller bien vite. Elle resta, mais s'enferma dans un mutisme qui ne cessa qu'à la guérison de Nastywoks. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
Enfin Nastywoks revint. Athalante apprécia de revoir son ami en bien meilleure forme que la fois passée. Il n'y avait plus de malentendu entre eux. De plus, Riuk, un ancien Chevalier de Justice vint bientôt les rejoindre. Mais même si elle se sentait moins seule, la jeune femme était malgré tout bien isolée dans le groupe que composaient les Menestrels et leurs amis. Pourtant, elle se laissait timidement gagner par leur joie de vivre et leur constante gaité. Nastywoks essaya de les questionner sur leurs étranges "danses", en vain. Soit les Ménestrels biaisaient, soit ils ne répondaient pas. Le chemin était vraiment ardu.
Athalante croisa la route d'Aznaïpa. Elle revit avec plaisir celle qui l'avait aidé à mettre au monde sa fille, et discuta un peu avec la sage-femme de Delain. Mais Aznaïpa dût vite partir, organisant le départ de ceux qui fuyaient les Ménestrels. C'est alors qu'un cri retentit dans le groupe. Les Ménestrels avaient aperçu un groupe de Sillonneurs Gris. Ils se précipitèrent tous. Athalante comprit que les Sillonneurs étaient les ennemis des Menestrels. Elle les vit se précipiter sur eux. Plus question de danse ni d'apprentissage, c'était une attaque sauvage, violente, vengeresse. Athalante était écoeurée, ils étaient complètement habités par l'esprit d'Ecatis, tout à leur vengeance, à la loi du talion. Elle préféra fuir.
Elle partit au sud, assez loin pour ne plus voir ce massacre. Là, elle rencontra une toute jeune fille, avec de grands yeux bleus d’une telle innocence qu’Athalante en fut émue. Elle s’appelait Marianne et était Citoyenne de la Respublica de Delain. Ensemble, elles parlèrent et combattirent. L'adolescente rougissante et peu sûre d’elle attendrissait Athalante. C’était si rafraîchissant de rencontrer tant de candeur ! Mais Nasty et Riuk s’inquiétaient de son absence. A contrecoeur, le Chevalier de Justice dit « au revoir » à Marianne. Elle ne pouvait pas l’inviter à se joindre à elle. Qui sait ce qu’en penseraient les Ménestrels ? Athalante regagna le campement des Ménestrels et retrouva Riuk et Nastywoks, qui combattaient quelques archers. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
Athalante avait à peine rejoint Riuk qu’elle aperçut Celinelablanche seule. C’était une occasion rare. La Guerrière du Clair-Obscur se séparait rarement de Draloc, son bien-aimé. Prenant son courage à deux mains, Athalante s’avança vers Céline. Cette dernière était en train de nettoyer le sang des Sillonneurs Gris qui maculait son épée. La conversation se déroula donc naturellement sur la mort. Céline répondit avec patience aux questions d’Athalante. Elle lui expliqua combien la mort lente de la Confrérie de Pandore l’avait affectée, comment elle s’était retrouvée seule. Athalante demanda plus d’explication sur ce qui avait poussé Céline à tuer un aventurier, pour la première fois. Céline raconta comment elle en était venue à défendre un aventurier fraîchement débarqué qui était attaqué. Elle développa sa conviction que seule une approche brutale permettait de faire sortir certains aventuriers de leur torpeur. Le Chevalier de Justice n’était pas d’accord et argumenta sur ce point, démontrant que la violence pousse à la violence et non à l’échange de paroles civilisées. Célinelablanche sembla soudain indécise et promit à Athalante d’y songer. Puis, une fois sa toilette terminée, elle se hâta de rejoindre Draloc.
Athalante resta quelques minutes près du baquet d’eau, songeuse. Cette conversation féminine lui avait fait du bien. Elle commençait à éprouver du respect pour Céline, et comprenait son parcours et la raison pour laquelle la jeune femme était en train de changer ses notions sur la vie et la mort. Maintenant, ce qui importait plus que tout, pour Céline, c’était son groupe, qui était devenu sa famille. Il n’y avait plus de notion de bien ou de mal, de justice ou d’injustice. Pour elle, seuls comptaient ses amis et la survie de ces derniers.
Athalante se prit à espérer que Céline essaierait de dialoguer avant de tuer, la prochaine fois. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
Et les danses se poursuivaient. Le petit groupe de Venaels se desespérait de mener à bien leur mission. Déjà, les autres prêtres de Falis leur demandaient un compte-rendu. Force leur était d’admettre qu’ils n’obtenaient aucun résultat. Nastywoks continuait encore et encore à tenter des amorces de dialogue. Las, elles se soldaient presque toutes par un échec. Seul Bhlown répondait de temps en temps. Athalante n’essayait même plus.
Un matin, assez tard, elle vit Caro-Lina émerger de sa tente. La naine passait énormément de temps sous sa tente, que ce soit avec un tonneau ou avec le propriétaire de ce dernier. Athalante s’approcha d’elle et les deux femmes commencèrent à bavarder. Le sujet vint instantanément sur leurs amants. Chacune expliqua à l’autre les qualités et les défauts qui les avaient séduites, qui chez Bhlown, qui chez Korgrim. L’humaine comprit avec étonnement que Caro-Lina était profondément amoureuse de Bhlown, même si elle le cachait en partie. La naine raconta sa rencontre avec Bhlown, au printemps dernier, et la façon dont le nain l’avait séduite, en dansant et chantant. Elle lui expliqua comment il l’avait convaincue de la suivre et lui avait appris les rudiments de la danse.
Puis le sujet dévia sur les leçons que donnait la naine aux aventuriers. Athalante n’essaya pas de la convaincre du bien-fondé ou non de ces danses. Caro-Lina était celle qui, aux yeux du Chevalier de Justice, le faisait le mieux. Bien sûr, elle avait seulement vu de loin la naine guerrière exécuter ses pas. Mais on sentait dans sa façon d’aborder ses élèves un respect que la jeune femme avait rarement vu. Force lui était d’admettre que Caro-Lina mettait en œuvre ses convictions de façon exemplaire. Mais Caro-Lina ne pouvait rester aussi longtemps à parler la gorge sèche. Bientôt, elle s'excusa auprès d'Athalante afin d'aller s'abreuver à son tonneau. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
Riuk, Nastywoks et Athalante sentaient bien qu'il était inutile de rester plus longtemps auprès des Ménestrels. Ils n'avaient rien à faire auprès d'eux. Mais les Venaels hésitaient à partir. Le destin s'en chargea pour eux.
Ils surent par les missives des Chevaliers de Justice qu'un drow arrivait vers eux complètement déchainé. Il fallait l'arrêter. Les trois Venaels s'en chargèrent en attendant que Carole, ancien Pilier de l'Escorte, et Claymore, des Gileads, viennent chercher l'elfe. C'est alors que la situation se compliqua. Carole arriva, salua Athalante et giffla d'emblée Nastywoks, qui n'en revint pas. Alors que Carole demandait à Athalante si les Menestrels ne lui feraient pas de mal, ce dont Athalante n'était pas certaine du tout, Azarelle et Galinn arrivèrent. Galinn souhaita aussitôt tuer Athalante, en souvenir de leur rencontre précédente. Les Menestrels voyaient arriver Carole et son époux avec curiosité. Sur ces entrefaites arriva GroBill McNitrouille qui crut qu'Athalante était en danger avec les Menestrels et voulut les retenir pour couvrir une éventuelle fuite de la jeune femme. Bhlown se demandait qui il allait faire danser en premier, et interrogeait Caro-Lina à voix haute sur ce choix cornélien.
Athalante ne maitrisait plus la situation, ce qu'elle détestait, et commença à le manifester à Bhlown :
"- Bhlown, vous ne ferez danser personne, ni GroBill, ni Claymore, ni qui que ce soit pour le moment ! Carole et son mari vont emmener Berg'Iniyon Del'Armgo, là où ils le souhaitent, et chacun va regagner son campement bien gentiment !"
La voix de la jeune femme vira à l'aigu sur la fin et laissa apparaitre les traces d'une nervosité certaine.
Bhlown essaya deux secondes d'avoir l'air sérieux...La commissure de ses lèvres s'ouvrit, puis arriva ce qui devait arriver
"- Mouahahahah"
Il se tordit de rire, se roula à terre, et finit tant bien que mal par se relever, les larmes aux yeux.
"- Mais dites donc jeune humaine coincée de phallus, hum euh, folle nuit dans la tente, pas ma faute, hum reprenons:
Pour qui vous prenez vous pour prétendre me dicter mes actes ? Vous n'êtes acceptés ici que pour la simple raison que nous pensons pouvoir vous aider à vous libérer de l'emprise de votre dieu, ou du moins à vous mettre sur un pied d'égalité avec tous.
Et si votre hystérie n'est dûe qu'à un manque de Korgrim, appelez-le, mais ne nous ennuyez plus avec vos problèmes d'ordre privé.
Que je sache Carole et son compagnon sont bien à même de discuter avec nous sans que vous preniez leur parole à leur place, GroBill j'en doute un peu les McNitrouille n'étant pas réputés pour leur agilité de corps ou d'esprit^^""
Céline la Blanche, regarda Athalante d'un air assez curieux, mélange de curiosité, de respect mais aussi d'une pointe de colère...
"- Je vois pas pourquoi on pourrait pas s'amuser avec vos amis... Ce sont pas les notres après tout.
Puis qu'est ce qu'ils viennent faire là d'abord?"
Athalante devint toute rouge et son regard noir étincela de colère. Elle fixa longuement Caro-Lina, les yeux chargés de reproche.
Caro-Lina se préparait à l’assaut. Elle avait vu un petit gars sympa à l’air dépressif passer pas loin d’elle. Clair qu’il était là pour elle. Elle se devait de le délivrer. Même s’il ne portait pas de tonneau, après tout, le boulot, c’est le boulot….
On vit son petit popotin se secouer dans tous les sens, signe d’une frénésie, due à une future attaque de sa part. Ses petites jambes commencèrent leur footing sur place quand elle sentit un regard noir se poser sur elle. Athalante.
"- Ah non !!!!
Je me sais « bourrée » de défauts mais j’ai pas celui qui trahit vos paroles.
Ah ben non !!!
J’ai dit à personne votre frustration…
Si y a bien qq ici qui sait tenir sa langue, c’est moi !"
Elle gonfla une fois de plus sa poitrine de fierté.
Claymore, avec un tact remarquable, parvint à calmer tout ce petit monde. Les Venaels se regroupèrent, avec GroBill, et en arrivèrent rapidement à la conclusion qui s'imposait. Leur présence était non seulement inutile, mais leur vie était maintenant en danger. Ils décidèrent donc sans plus tarder de quitter le Masque de Mort. Athalante ne salua ni Caro-Lina, ni Bhlown, elle voulut dire au revoir à Celinela blanche. Cependant, la douce elfe mourut à ce moment-là des coups d'un de leurs élèves. Athalante secoua la tête avec tristesse. La spirale de violence l'entrainerait inexorablement à épouser la cause de ses amis.
Athalante et Nastywoks, avec Grobill McNitrouille, suivirent Riuk au pays des gelées.
Récit raconté par Bhlown, Caro-Lina, Célinelablanche et Athalante. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
Athalante dut refuser la proposition de Carole, et la laissa partir vers le Nord. La jeune femme se dirigea avec Nasty et Riuk vers l'auberge. Ils commencèrent à combattre quelques monstres. Alors qu'ils engageaient le dialogue avec les Mercenaires Fééruniens, aussi présents, Athalante perdit sa concentration. Elle ne vit pas arriver Triskell et Psyquick, qui étaient dans l'auberge. Il ne leur fallut pas beaucoup de coups pour venir à bout de la petite humaine, elle n'était pas très solide. Malgré un soin d'Ombror, Athalante succomba en quelques minutes sous les assauts des deux Karrig An Ankou.
Elle se réveilla en aspirant une grande bouffée d’air qui lui brûla douloureusement les poumons. Sans même regarder autour d’elle, la jeune femme brune sut qu’elle était dans un dispensaire. Elle garda les yeux fermés, découragée. Ses projets avec Nastywoks et Riuk tombaient à l’eau. Elle ne reverrait pas Siobhan, Oli et York. Il fallait qu’elle écrive à Sunfire pour lui dire qu’elle ne pouvait plus l’aider. Athalante se redressa avec une grimace et fouilla dans ses affaires. Elle soupira. Elle avait évidemment perdu l’anneau de Ventarion. Sa seule consolation était qu’au moins, l’armure de Korgrim était toujours là.
Athalante sortit du lit en boitillant, rassembla ses affaires, écrivit plusieurs missives, et quitta sans plus tarder le dispensaire. Il n’y avait pas âme qui vive, que des zombies et un nain qui avait déjà les yeux rouges et la bave aux lèvres. Impulsivement, elle se mit en route vers le sud. Elle marcha un peu au hasard, évitant avant tout les monstres et les autres aventuriers. Au sortir d’un passage elle aperçut enfin Schyron, Mortaron, Aerielle, Korgrim et Kharon. Son visage s’illumina d’un franc sourire, et ses yeux se mirent à briller d’une joie sans mélange. Athalante se mit à courir vers eux avant de freiner des quatre fers. Il y avait d’autres personnes. Si elle reconnaissait bien certains d'entre eux, plusieurs autres lui étaient inconnues. Et à mesure qu’elle avançait, elle vit que Korgrim était pâle, son regard froid, comme absent. Intimidée, l’humaine tempéra son enthousiasme, invoqua Keran, pour se donner une contenance et de l’assurance, et arriva jusqu’au groupe au moment où ils attaquaient le dernier démon. Maîtrisant ses pulsions, elle demanda d’une voix douce et chaleureuse aux personnes présentes :
« - Puis-je me joindre à vous ? » |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
Trois semaines plus tard, l'orage éclata brutalement, sans crier gare.
Le groupe de Korgrim venait d'arriver dans une nouvelle pièce et remarquèrent un Maitre Cartographe, Lothor. Ce dernier fit mine de ne pas les voir et passa au travers du groupe. Schyron fut le premier à réagir :
"- N'avons nous pas une petite vengeance avec certains Cartographes ?
Ils nous affichent comme ennemis et pourtant il se permet de passer à côté de nous.
Je propose de lui faire comprendre qu'on ne tire pas forcément à vue mais que passer à côté de nous, mérite une peine de mort.
Mythrion, tu nous prépares le petit Lothor ?"
L'action fut rapide, le Cartographe était tout seul. Les guerriers laissèrent l'élémentaire de feu d'un coup de botte.
Les projectiles fusèrent sur le pauvre humain esseulé. Attaqué par Schyron qui suivit sa demande, Korgrim vint porter le dernier coup. Le corps du malheureux disparut apporté dans le dispensaire où il était relié.
"Ils nous déclarent ennemi et celui-ci passe malgré tout à nos côtés. Nous n'aurions pas attaqué si tu avais reculé mais tu as choisi de tenter de passer sans que l'on te voit. Ce fut une erreur..."
Le visage de Korgrim était fermé, il attendait la réaction qui ne tarderait pas à manquer...
Athalante n'eut pas le temps de réagir. Tout alla trop vite, dénonçant une habitude de ce genre d'actions. Impuissante, elle vit Korgrim achever l'humain sans l'ombre d'une hésitation. C'était la première fois qu'elle le voyait attaquer un aventurier, pire c'était la première fois qu'elle voyait son amant tel qu'il était : un assassin.
Elle le fixa sans rien dire, choquée. Puis, sans un mot, elle rassembla ses affaires et prit la fuite. Elle avait dormi enroulé dans sa couverture, à même le sol.
Le matin, elle avait reçu une missive de Korgrim. La jeune femme l'avait lue, puis avait secoué la tête en signe d'incrédulité. Elle s'était remise lentement en marche. En arrivant près de l'escalier, Athalante vit que trois personnes l'occupaient déjà. Certaines étaient blessées et saignaient.
C'est alors que les choses se précipitèrent. Athalante vit surgir Mythrion d'un passage à ses pieds, il attaqua Kyrwin.
Athalante était horrifiée, elle fit ce qu'elle put pour soigner Kyrwin et Tristana. en vain.
Korgrim n'était pas sûr que la jeune femme avait reçu la missive car elle n'y répondait pas. La voir partir en courant sans autre explication l'avait surpris et blessé en même temps. Comment pouvait elle se tromper à ce point ?
Mais il fallait repartir et on lui avait signalés des Compagnons au nord en fuite, fuyant leurs compagnons tombés sous les coups des autres, ils fuyaient à présent les monstres qui s'étaient multipliés en l'espace de quelques jours. De plus, les nouvelles provenant des autres conseillers n'étaient pas bonnes du tout. L'un était frappé d'un mal inconnu, l'autre ne descendrait pas, courant après il ne savait plus laquelle des Chevaliers de Justice, un autre était fidèle à lui même : totalement emmuré dans son mutisme et le dernier s'était sorti in extremis d'un embuscade tendue par une coalition de paladins qui profitèrent de l'ouverture des escaliers et du manque de vigilance du groupe pour les tuer sans pitié.
C'en était trop que tout ceci, la nouvelle de cette attaque avait remuée le conseiller, il n'y avait rien de plus méprisable que de profiter d'une discussion diplomatique pour frapper dans le dos. Et la fuite d'Athalante n'arrangeait rien... En y repensant, c'était la première fois qu'elle voyait Korgrim tuer quelqu'un sous ses yeux.
Plus par dépit, par vengeance ou encore car quelqu'un devait payer tout ses crimes, Korgrim ordonna aux guerriers de la Main de s'apprêter à frapper, le coeur lourd.
Le lendemain, l'attaque fut rapide et coordonnée, des 3 compagnons, il ne restait aucun survivant... Le regard du guerrier n'exprimait rien, les soins de la jeune femme au milieu du combat ne changèrent rien à la donne. Ils les avaient passés au fil de l'épée.
Korgrim se retourna finalement et vit qu'Athalante était horrifiée, il rangea sa lourde épée dans son dos et dans un soupir marcha lentement vers elle.
Récit raconté par Schyron, Korgrim et Athalante. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
Quand Korgrim s'avança vers Athalante, il put voir l'horreur se transformer en peur, dans son regard. La jeune femme serra ses poings contre son corps, et recula tout en contournant Korgrim, afin de se placer sur le seuil des escaliers. Le Chevalier de Justice fixait le Conseiller, son regard noir était aussi dur et froid que l'obsidienne. Sa lèvre tremblait légèrement tandis qu'elle écoutait son bien-aimé. Elle se mit à secouer la tête en signe d'incrédulité, sur ses dernières phrases, faisant voler les longues mèches noires.
Elle marmonna quelques paroles, puis le ton monta.
"- Tu es un meurtrier ! Vous l'êtes tous !" s'écria-t-elle en désignant tous ses compagnons.
La jeune femme commençait à perdre son calme et sa voix montée dans les aigus trahissait une grande souffrance. Sentant sa perte de contrôle, l'humaine désemparée ferma les yeux et inspira longuement. Quand elle rouvrit les yeux, son regard accusateur était braqué sur Korgrim, elle murmura à nouveau quelques paroles sèches.
"- Sois sincère, pour une fois, admets-le. Tu n'avais aucune raison de tuer ces pauvres gens, à part l'appas du gain et le goût du sang !"
Ennemis... Meurtrier.... Nécessité... Les mots de la jeune femme résonnèrent dans l'esprit de Korgrim qui revit de nombreuses scènes mélangées, des passages de sa vie et des décisions qui avaient orientées sa vie. Tout défilait à grande vitesse dans son esprit sur le tableau de colère et de rage d'Athalante.
A la dernière phrase, le mot 'sincère' bloqua Korgrim quelques instants. Une colère vibrante s'empara de lui et ses poings se crispèrent, les phalanges de ses doigts devinrent blanche. Il ne put retenir sa main droite qui s'éleva dans les airs et vint frapper la joue gauche de la jeune femme. Le bruit fut sec et un murmure s'échappa de la bouche de Korgrim :
"- Pars si je te dégoûte tant que ça, puisque je n'ai jamais été sincère..."
Athalante réagit par réflexe et gifla à toute volée Korgrim en retour. Puis elle posa sa main sur sa joue rouge, choquée par leur geste mutuel.
Les paroles de Korgrim broyèrent son coeur. Ainsi, c'était fini. Athalante fit appel à toute sa colère pour ne pas pleurer, surtout ne pas pleurer devant lui. C'est d'une voix froide et pourtant vibrante qu'elle lui répondit :
"- Tu préfères me chasser, plutôt que de me répondre. Je te dérange alors tu me chasses comme un vulgaire moucheron.
Bien, je vois quelle valeur tu me donnes. Je ne te dérangerai pas plus longuement."
Athalante lui tourna le dos et partit en courant. Tout était fini. Korgrim la regarda s'éloigner et remit la capuche en place sur sa tête.
Récit raconté par Korgrim et par Athalante. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
Athalante marcha plusieurs jours sans but. La jeune femme avait le cœur broyé et ses yeux rougis avaient tari toute sa réserve de larmes. Elle ne rencontra pas âme qui vive. Le soir, elle ne prenait même pas la peine de monter un camp, elle se nourrissait à peine, l’humaine désemparée se lovait en boule et cherchait vainement un sommeil qui la fuyait. Seul Keran, son petit dragon évanescent lui apportait un peu de réconfort en s’enroulant contre son cou, sous la chaleur de sa chevelure d’ébène.
Quelques jours après avoir fui Korgrim et les Enataks, elle arriva près d’un dispensaire. En entrant, Athalante se heurta presque à un homme qui se tenait dans l’embrasure. Elle marmonna quelques mots d’excuse rapide et leva des yeux étonnés. Riuk était devant elle. Athalante se composa tant bien que mal un visage neutre et ils échangèrent quelques nouvelles. Elle expliqua à Riuk qu’après l’attaque des Karrig An Ankou, elle avait rejoint Korgrim, mais qu’ils avaient rompu depuis. Riuk, sentant la souffrance et la réticence d’Athalante à ce sujet, n’insista pas. Il expliqua à son tour le sens de son nouveau blason. L’ancien Chevalier de Justice avait rejoint les Mercenaires Fééruniens. Riuk raconta avec détachement à Athalante combien Falis l’avait déçu, que maintenant, il avait pour but de s’améliorer et de faire fortune. Dans ce but, il était devenu Mercenaire. Pour lui, la vie, la justice n’avait plus de valeur. La seule qui comptait était l’or. Athalante était abasourdie par autant de changements advenus chez son ami. Son bouleversement n’en fut que plus profond. Les certitudes de la jeune femme volaient en éclat, elle ne savait plus du tout à quoi se raccrocher, entre sa rupture avec Korgrim et le changement de caractère de Riuk. Leur conversation prit bientôt fin. Elle laissa Riuk rejoindre ses nouveaux compagnons et entra dans le dispensaire.
Là, la jeune femme chercha immédiatement une table, afin de sortir son écritoire. Elle avait besoin d’avoir l’avis d’un ami fiable pour la secourir. Mais plusieurs choses la détournèrent bientôt de ce projet.
Tout d’abord, Keran quitta son poignet et fonça vers ce qui semblait être… un autre Keran ! Les deux dragons volèrent ensemble et échangèrent une série de cris qui paraissaient être un conciliabule, au grand étonnement d’Athalante.
Elle regarda si ce spectacle stupéfiait aussi les autres personnes présentes dans le dispensaire, et son sang se glaça. Outre les Mercenaires Fééruniens, reconnaissables à leur blason, le dispensaire regorgeait de Karrig An Ankou ! Athalante recula pour s’appuyer contre un mur, les jambes faibles. Dans quel traquenard s’était-elle encore mise ? Par chance, le dispensaire représentait une sécurité suffisante pour sa propre survie. Néanmoins, se retrouver isolée au milieu de ses plus récents assassins fit couler une sueur froide dans son dos. Athalante essaya de se cacher derrière un pilier et inspecta chaque visage à la recherche d’un soutien. Du visage d’Altias le Noir émanait une telle antipathie que son espoir s’amenuit davantage. Sylven Thorp, qui collait Altias, ne valait guère mieux. Enfin, Athalante aperçut Kachiko. Surmontant sa peur, Athalante s’avança vers l’élégante Championne du clan Bayushi. |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
Athalante s’avança vers Kachiko et la salua. Après une seconde de surprise, la samouraï reprit contenance et s’enquit courtoisement de la santé du Chevalier de Justice. Les deux femmes discutèrent gravement. Kachiko n’osait pas s’étendre sur sa présence en ces lieux auprès d’Altias le Noir. Athalante préféra éviter le sujet de sa rupture avec Korgrim. En effet, elle connaissait bien la position de Kachiko sur les sentiments humains, et se doutait que l’altière championne du Clan Bayushi réprouverait son sentimentalisme, qu’elle considérait comme une faiblesse. Kachiko s’inquiétait tout de même pour le sort de son amie, elle proposa donc à Athalante de se joindre à elle. La jeune femme éperdue hésita. Pourtant, la présence des Karrig An Ankou dans l’entourage du sombre Altias l’en dissuada. Elle refusa la proposition de Kachiko et prit congé. S’enfermant dans une cellule, elle sortit son écritoire et écrivit à Layos. La réponse de son ami fidèle ne se fit pas attendre.
| Citation: |
Mon amie,
De toute façon, si tu restes dans la chambre de l’enfer, je reste impuissant car ce lieu m’est inaccessible.
En essayant de me mettre à la place de Korgrim, j’aurais moi aussi je pense été dans l’obligation de tuer. De son point de vue, je ne pense pas qu’il soit prêt à renoncer à ce qu’il est, ce qu’il représente. Il fait partie de la MdM, il en est fier, il n’est pas prêt à renier cela, il a toujours eut plaisir à mettre à terre des aventurier pour diverses raisons qui le regardent, et qui sont valables pour lui et ses pareils. C’est dans leur nature. Tout comme il est dans ta nature de trouver cela horrible. Tu lui demandes en partie de changer ce qu’il est rien que par amour pour toi. C’est un peu caricaturé, mais néanmoins vrai. Comment aurais-tu réagi s’il t’avait demandé de tuer pour lui ? Je pense que tu l’aurais aussi mal pris, que lui a mal pris ta conduite pour sauver ces personnes. Si l’on caricature vraiment les choses à fond, vous êtes des opposés, le ying et le yang, le bien est le mal. Il est donc normal que cela éclate entre vous à un moment ou un autre.
Maintenant, si tu veux savoir quoi faire, savoir où tu en es, il te suffit de répondre honnêtement à quelques questions simples :
- l’aimes-tu suffisamment pour accepter ce qu’il est sans le forcer à changer ?
- t’aime-t-il suffisamment pour accepter ce que tu es sans te forcer à changer ?
- es-tu prête à sacrifier tes idéaux rien que par amour pour lui ?
- est-il prêt à sacrifier ses idéaux par amour pour toi ?
- l’aimes-tu toujours ?
- t’aime-t-il toujours ?
- dans votre relation, les efforts étaient-ils partagé, ou seulement l’un d’entre vous deux faisait tout pour que le couple tienne, et si c’est le cas, qui faisait les efforts ?
- vois-tu un avenir quelconque avec lui, ou as-tu toujours vécu ton amour au jour le jour ?
Réponds à tout cela, rien qu’a toi-même. Tes réponses te guideront en ton âme et conscience. Parfois il ne suffit pas d’aimer pour que cela fonctionne, parfois deux personnes peuvent s’aimer d’un amour impossible à cause de leur différence. L’amour est un sentiment noble et tellement beau, mais parfois il peut faire terriblement souffrir. L’amour a ses raisons que la raison ignore. Et parfois, il ne faut pas rester aveuglé par son amour et tout accepter en son nom. Parfois aimer quelqu’un de trop différent est trop douloureux.
J’essaie de rester neutre au possible et de ne pas faire intervenir mes propres sentiments, et je préfère t’amener à arriver aux conclusions par toi-même, plutôt que de te conseiller, car mes conseils ne seraient pas impartiaux. Mais sache que s’il t'a giflée, à mes yeux ce geste est impardonnable. Et que je lui ferai sentir ma façon de penser la prochaine fois que je le croiserai.
Dans l’immédiat, il t’a demandé de partir, alors reste loin de lui le temps que sa colère contre toi passe. Ensuite, si tu veux toujours renouer des liens avec lui, fais-le en temps utile. C’est le seul conseil que je peux me permettre de te donner.
Sinon, en ce qui concerne mes problèmes, je suis avec toute la compagnie du Griffon et le patriarche Théodus, au temple du village. Nous étions en pleine cérémonie à la gloire de Falis, lorsque nous avons été interrompus par les deux elfes noirs qui ont un rapport dans l’enlèvement de Brunéhilde, l’affaire concernant Dorago. Nous sommes toujours en sécurité dans le temple, mais il va bien falloir que nous sortions à un moment ou un autre. La difficulté étant d’essayer de raisonner les deux drows pour éviter le bain de sang, et de leur faire avouer où se trouve la jeune femme. Sachant aussi que, eux, sont venus pour tuer Dorago tout simplement, cela n’est pas très simple. Mais je pense que nous pouvons gérer.
Je m’inquiète beaucoup plus pour toi, que pour nous.
Redonne moi de tes nouvelles au plus vite, sinon je serai obligé de venir me rendre compte par moi-même. Je t’embrasse très fort si cela peut t’aider.
Affectueusement,
Layos, toujours là si tu en as besoin.
|
Athalante relut plusieurs fois la lettre et réfléchit longuement à ce que lui conseillait Layos. Le plus sincèrement possible, elle répondit aux questions de l’elfe. Le résultat était bien pessimiste. Avec un soupir de résignation, Athalante sortit sa plume et répondit à Layos. Elle quitta le dispensaire dès le lendemain, et commença une longue errance à travers l’antichambre de l’enfer, qui s’avéra bien déserte.
Récit écrit par Athalante et par Layos |
|
| Revenir en haut |
|
 |
Mélisande Dieu du forum

Inscrit le: 20 Déc 2003 Messages: 2000
|
|
|
|
|
Athalante erra ainsi pendant une semaine. Elle baissait la tête, n’adressait pas la parole aux rares humains qu’elle croisait. Par bonheur, il n’y avait pas de monstre. L’engeance de Malkiar se terrait dans d’autres secteurs plus reculés. La jeune femme réfléchissait longuement à son avenir. C’était bien la première fois qu’elle se posait des questions à ce sujet. Pouvait-elle concilier son amour pour Korgrim avec les concepts qu’elle chérissait depuis son enfance ? Devait-elle faire un choix ? Ces interrogations la torturaient continuellement, elles n’étaient interrompues que par les nombreuses missives de Layos qui s’inquiétait à son sujet et essayait d’aider la petite humaine.
Un jour, elle eut un instant de stupeur en ouvrant une lettre roulée. Le parchemin ne venait pas de Layos, mais de Korgrim. Elle lut et relut avec avidité les mots qu’il avait couchés sur le vélin. Le contenu de la lettre ne fit que la troubler davantage. Korgrim lui disait adieu. Athalante répondit au Conseiller de la Main du Mal et un nouvel échange s’en suivit, mouvementé, dans lequel ils réglaient leur compte. Keran, son dragon, se chargeait de porter les missives du Chevalier de Justice, fendant l’air de ses minuscules ailes pourpres.
Absorbée par ses pensées, la jeune femme aux longs cheveux bruns ne se rendit pas compte que sa solitude n’était plus. Elle se trouvait près du grand escalier, où une foule se pressait : Karrig An Ankou, Mercenaires Fééruniens, Gileads et d’autres encore. Ils étaient tous regroupés au même endroit sans que le sang ne coule entre eux. C’était un rassemblement pacifique, même si les tensions étaient palpables entre les différents aventuriers. Carole repéra bien vite le dragon d’Athalante le reconnut et s’avança vers la guerrière, assise sur un rocher, les yeux perdus dans le vague. Athalante esquiva d’abord la conversation, mais l’elfette ne se laissait pas éconduire si facilement. Elle insista avec son franc-parler coutumier. Athalante secoua la tête, avec un rire jaune :
"- Mais pourquoi souhaitez-vous parler de mes problèmes ? En quoi cela vous importe-t-il ?"
Carole parut offusquée par les mots d'Athalante
« - Peu m'importe de savoir ce qui vous arrive. Ce qui m'importe c'est que vous n'êtes pas heureuse... »
"- En effet, je suis loin d'être heureuse."
Athalante posa ses coudes sur ses genoux et se prit la tête dans les mains. Elle resta ainsi quelques temps, seules ses épaules frémissaient de temps en temps. La jeune femme était complètement désemparée face à un choix qu'elle n'était pas prête à faire. Elle ne savait quelle route choisir et fuyait, comme à son habitude, pour tergiverser et éviter ce choix.
Enfin, elle releva la tête et regarda autour d'elle. Elle vit le gros groupe des Giléads, les Karrig An Ankou, dont ses derniers assassins en date, la sombre silhouette d'Altias le Noir. Elle aperçut aussi les Mercenaires Fééruniens, et Kachiko et Riuk, ses amis, qui ne pouvaient pourtant pas comprendre la situation dans laquelle elle était. Ses yeux s'attardèrent longuement sur Claymore. Elle demanda enfin à Carole :
"- Vous me dites qu'on ne doit pas changer par amour. Pourtant, vous avez vous-même changé pour suivre votre époux, n'est-ce pas ? Siobhan m'a souvent parlé de son amie Carole, Pilier de l'escorte, puis elle m'avait parlé de votre mariage, et de son dépit de n'avoir pu y assister. Et je vois maintenant que vous avez quitté l'escorte, votre fonction en son sein, et toutes les responsabilités que vous y aviez, sans doute pour suivre Claymore, je suppose. Vous arborez le même blason que lui, dorénavant.
Ainsi, lorsqu'on aime, on doit se soumettre aux volontés de celui qu'on aime ? Claymore avait-il proposé de changer lui-même ou l'effort est-il venu seulement de vous ?
Vos anciens compagnons vous manquent-ils ? Est-ce que l'amour de Claymore valait ce sacrifice ?"
Athalante lançait là, une discutions que Carole ne voulait pas avoir. Déjà Amaï avait réussi à lui faire voir ce dont elle redoutait le plus, elle n’allait tout de même pas en faire de même.
« - Nous parlons de vous ? Non ? Pour ce qui est de ma personne, sachez que ce fut MON choix. Claymore ne m’a forcée à rien. Il m’a demandé de le suivre et je l’ai fait. Maintenant, que ce fut une erreur de ma part ou non, il est trop tard pour se poser la question… »
Son regard fuyait ! Elle ne pouvait plus regarder en direction du Nord :
« - Mais il est clair que souvent, je me demande ce qu’il se serait passé si je ne l’avais pas suivi. Aurait-il fait de même pour être à mes côtés ? Cela, je ne le saurais jamais…
Ne croyez pas que l’on doive changer pour être aimé. Cela n’est que baliverne ! Ni Clay ni moi n’avons changé notre manière d’être. Nous nous sommes acceptés comme nous étions et l’un et l’autre. »
Elle repensa aux mots d’Athalante… Sacrifice !!! Son regard partit en flèche loin de celui d’Athalante, loin du Nord.
« - Il y a une chose que je ne comprends pas. Votre compagnon, il vous plaisait tel qu’il était avant ? Et lui, il vous aimait comme vous étiez. Pourquoi vouloir modifier quelque chose ou même quelqu’un ? »
Récit écrit par Athalante et par Carole.
Dernière édition par Mélisande le 14 Mai 2006 16:37; édité 1 fois |
|
| Revenir en haut |
|
 |
|
|
Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum Vous ne pouvez pas éditer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas supprimer vos messages dans ce forum Vous ne pouvez pas voter dans les sondages de ce forum
|
|